Vox Nostra – Anima (2009)

 

Chez Vox Nostra, les filles sont jolies mais les pochettes sont mochesLe projet Vox Nostra rappelle un peu le projet Foehn par une série de points communs : l’auto-production, le secteur géographique (…), la qualité de la musique (……), l’affiliation zeuhl qu’il convient de signaler pour des motifs davantage historiques que réellement stylistiques (Jean-Claude Delachat était le guitariste d’Eider Stellaire et Pierre Minvielle a fait de l’intérim aux claviers dans le même groupe)… Même si pour une oreille peu exercée, rien ne ressemble autant aux vocalisations kobaiennes que le chant choral en latin utilisé majoritairement ici, ce n’est pas réellement un groupe zeuhl. La preuve en est que si c’était un groupe zeuhl, il ne se serait pas appelé « Vox Nostra » mais « Wôkss Nösztraäh » .

L’autre étiquette trompeuse que Pierre Minvielle, qui assume le rôle de leader (compositeur/arrangeur/chanteur…) aurait en revanche intérêt à décoller définitivement de son projet est celle de groupe chrétien, les textes extraits de la liturgie laissant planer une ambiguïté sur ses motivations philosophico-religieuses (et tendant, indépendamment, à donner à cette première œuvre l’aspect d’un exercice imposé). Heureusement, on n’a pas affaire ici à du gospel basique ni à des imbéciles heureux façon Patrick Bouchitey dans « La vie est un long fleuve tranquille »… La musique est prog surtout par le mélange d’influences classique (y compris quelques arrangements pseudo symphoniques…) et jazz-rock (textures de synthé craignos en option…), car elle repose le plus souvent sur des mélodies lisses et facilement mémorisables. Les percussions et la basse (overdubbées) sont souvent secondaires, voire absentes (alors inutile d’essayer de comparer ça à « De Futura »). Le morceau le plus intéressant de l’ensemble est probablement le « Sanctus », qui permet d’imaginer ce que ça aurait donné si le Croz et le PERRO avaient tenté de jouer « No Quarter » avec Chris Wood sous tranquillisants (???). Le « Kyrie » fonctionne bien aussi, même s’il demeure une classe en-dessous de celui (ceux…) de Popol Vuh (mais là, de deux choses l’une : ou bien Roxane Terramorsi est une chanteuse géniale qui parvient à communiquer le caractère suppliant du texte par des intonations très subtiles, ou bien on lui demande de chanter plus haut qu’elle ne peut raisonnablement – en n’ayant peut-être même droit qu’à une seule prise – et elle en chie vraiment pour y arriver). Par contre certains titres louchent fortement vers une variétoche gnangnan (« O Salutaris », la « Mater » ou même le « Magnificat »… on a l’impression d’être invité au remariage d’Al Bano et Romina Power), et on aurait aussi bien pu se dispenser du court instrumental ambient (« Amoris Lumen ») qui bien qu’assez joli ne semble être qu’un os à ronger lancé à la flûtiste totalement sous-employée par ailleurs (comme en son temps « Retour des Champs »)… Ceci dit, Delachat et Minvielle confirment ici, mais sans débordements, qu’ils sont des virtuoses qui mériteraient d’être plus connus ; le quatuor vocal (2 gars, 2 filles) reste un peu trop sage (un truc qui s’appelle « VOX Nostra », j’aurais espéré trouver dedans des Peter Hammill, des Demetrio Stratos et des Diamanda Gas…).

Pierre Minvielle a annoncé travailler à l’élaboration d’un nouvel album, avec des textes originaux (mais toujours en latin) et surtout un côté plus païen : j’aurais tendance à vouloir interpréter cela comme la promesse implicite d’une amélioration (quoiqu’il me fasse un peu peur quand il cite comme références Yes et Genesis)...

 

 

Merci à Pierre Minvielle-Sébastia d’avoir fourni un exemplaire du CD pour l’écriture de cette critique.

 

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